SABRE
Projet SABRE : Comprendre le rôle du plancton dans le développement des sardines en Bretagne
Depuis plusieurs années, les pêcheurs, scientifiques et conserveurs observent une évolution préoccupante : les sardines capturées sur les côtes bretonnes sont de plus en plus petites et présentent un taux de matières grasses en diminution. Ce phénomène, constaté également en Atlantique et en Méditerranée, suscite de nombreuses questions sur les causes possibles et leurs impacts sur la filière sardinière, essentielle à la Cornouaille. Le projet SABRE – Sardine et plancton en Bretagne est né de ce constat. Porté par le Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Élevages Marins du Finistère (CDPMEM 29), en partenariat avec le Parc Naturel Marin d’Iroise (PNMI), l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) et le Lycée Maritime du Guilvinec, il bénéficie du soutien du DLAL FEAMPA Cornouaille (fonds européens pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture).
Pourquoi SABRE ?
La sardine (Sardina pilchardus) est une espèce clé pour la flottille bretonne : plus de 75 % des débarquements français proviennent de la pointe de Bretagne. Elle joue également un rôle central dans l’écosystème marin, reliant le plancton – sa ressource alimentaire principale – aux prédateurs supérieurs (bars, dauphins, oiseaux marins…). Or, la qualité et la composition du plancton évoluent sous l’effet des changements environnementaux. Le projet SABRE vise donc à mieux comprendre comment la variabilité du plancton influence la croissance, l’état physiologique et la survie des larves de sardines, et in fine la ressource disponible pour la pêche.
Un projet collaboratif et innovant
SABRE repose sur une approche transdisciplinaire, mobilisant pêcheurs, scientifiques, gestionnaires et étudiants:
- Prélèvements planctoniques : réalisés par le PNMI le long de transects suivis depuis plus de 10 ans, et reproduits en baie d’Audierne par le Lycée Maritime du Guilvinec. Les étudiants sont directement impliqués dans la collecte et l’analyse des échantillons, favorisant un transfert de compétences vers les futurs marins.
- Analyses scientifiques : l’UBO étudie la composition énergétique du plancton et des larves (lipides, oméga-3, contenu énergétique), tandis que des comparaisons sont faites avec le régime alimentaire des sardines adultes grâce à des échantillons fournis par les bolincheurs.
- Partenariat avec les professionnels : les pêcheurs participent activement en mettant à disposition leurs captures et leurs connaissances empiriques. Les conserveurs, qui suivent depuis longtemps l’évolution des taux de gras dans la sardine, sont également associés aux réflexions.
Objectifs et retombées attendues .
Comprendre le lien entre plancton, larves de sardines et populations adultes. Mieux anticiper l’évolution des stocks dans un contexte de changement climatique. Renforcer la coopération entre scientifiques, pêcheurs et filière sardinière. Former les marins de demain aux enjeux de durabilité et de gestion de la ressource. À travers SABRE, la Cornouaille se dote d’un outil unique pour mieux appréhender les dynamiques marines locales, améliorer la résilience de la filière sardinière et nourrir les politiques de gestion durable des pêcheries.
Partenaires et financement
Le projet SABRE est coordonné par le CDPMEM 29, en partenariat avec le PNMI, l’UBO et le Lycée Maritime du Guilvinec. Il associe également l’Ifremer, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), ainsi que les professionnels de la pêche et de la conserverie. Il bénéficie du soutien financier du DLAL FEAMPA Cornouaille (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture), avec l’appui de la Région Bretagne et de l’Europe. Contact : Virginie Lagarde lagarde.cdpmem29@gmail.com.





