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14.08.2014


Langouste rouge : les pêcheurs veulent restaurer le stock européen

L’article paru dans le Télégramme et le Ouest-France du Vendredi 8 août 2014 tresse des couronnes au Parc Marin d’Iroise (PNMI) qui avec l’aide de l’Ifremer peut « désormais envisager l’avenir de la langouste rouge avec sérénité ». Cet enthousiasme fait chaud au cœur. Cependant il aurait été de bon ton de le partager avec les autres acteurs impliqués dans la restauration du stock de langouste rouge : les pêcheurs et leurs structures professionnelles. Le cantonnement de la chaussée de Sein a été mis en place en 2006 par les pêcheurs d’Audierne et leur Comité Local des Pêches, alors présidé par Guillaume Normand, (soit un an avant la loi instituant le PNMI). Roland Gargadennec, nouveau président, après la disparition en mer de Guillaume Normand, devenu depuis vice-président du Comité Départemental des Pêches Maritimes, a repris le flambeau et défend toujours ce cantonnement. Dès le début des années 2000 les pêcheurs d’Audierne ont eu le soutien du Comité local des Pêches Maritimes du Nord Finistère et du Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Bretagne pour mettre en œuvre cette opération.

Les pêches expérimentales relatées dans les journaux sont couronnées de succès aujourd’hui grâce à la vigilance constante de la « communauté » de pêcheurs d’Audierne et du Conquet qui fait preuve d’une grande responsabilité en empêchant quiconque de braconner dans « leur » cantonnement. Comme le savent ceux qui doivent restaurer les stocks en mer « la gestion des pêches est un sport de combat ». Négliger cet aspect en ne rappelant pas l’implication des pêcheurs dans le maintien du cantonnement de la chaussée de Sein est une erreur. Nul contrôle du PNMI ne pourrait arriver à ce résultat basé sur l’auto discipline, le bon sens et le respect de la nature dans le cadre d’une pêche commerciale.

Après la mise en place de ce cantonnement spécifique les professionnels se sont lancés dans la mise en place d’un plan de gestion pour la langouste rouge, progressif et pratique. La Commission nationale gros crustacé a pris une première mesure d’augmentation de la taille commerciale de la langouste rouge en 2009. La limite inférieure du céphalothorax est passé d’une taille de 95 mm (poids total environ 550-600 grammes) à 110 mm (poids total environ 800-850 grammes). Depuis, toutes les langoustes inférieures à cette dimension doivent être rejetées à l’eau. Pour les spécialistes de la langouste c’est une perte immédiate importante, qui a été acceptée.

En 2012 la Commission nationale des gros crustacés a décidé une nouvelle mesure de préservation de la biomasse en interdisant la pêche les trois premiers mois de l’année. L’application de cette décision a été encore une fois possible sur l’ensemble de la façade Manche et Atlantique grâce à l’implication des structures professionnelles nationale et de terrain.

Ces dispositions ne sont pas parfaites et n’empêchent malheureusement les tentatives de fraude ou de braconnage, mais les mauvaises pratiques sont circonscrites et ne concernent que quelques cas, vite connus et stoppés. Malheur aux pêcheurs professionnels ou plaisanciers qui seraient pris en faute sur cette espèce.

Grâce à ces mesures pratico-pratiques et à Dame nature, le constat est là : les pêcheurs remarquent la présence de petites langoustes rouges sur le fond, de la côte Nord de la Bretagne à la côte Sud (pas seulement en Iroise). La langouste nous parle par sa présence, elle nous encourage à continuer en nous donnant une information capitale : « quand on prend soin de moi je prospère » ! Prenant acte de cette réponse, les pêcheurs professionnels français continuent de renforcer leur action en faveur de la restauration de ce stock, considérant qu’il est notoirement insuffisant d’améliorer l’état du stock uniquement dans le PNMI, qui englobe désormais les quelques hectares du cantonnement de langouste. Même si le Parc Marin est une pièce importante du dispositif en terme de laboratoire disposant de financements, la bonne santé d’un stock européen emblématique, comme la langouste rouge, ne peut être circonscrite à une sorte de réserve. Il est de la responsabilité des pêcheurs professionnels de restaurer le stock dans son aire de répartition d’origine, c’est-à-dire du Portugal à l’Ecosse. C’est dans cette démarche, certes ambitieuse, que se placent les pêcheurs français. Le travail d’enrôlement à cette cause qui dépasse les prés carrés, s’impose à tous et ne fait que commencer.

Au mois de septembre 2014, le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages marins va déposer un dossier à France Filière Pêche intitulé « Restauration du Stock de Langouste Rouge » (Projet : RSLR). Dans une première étape l’objectif visé est l’amélioration des connaissances halieutiques en vue de la reconquête du stock de langouste rouge en Manche et Atlantique, en assurant une liaison avec les démarches entreprises en Méditerranée et dans d’autres pays européens.

 

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